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La France et la société française aux premières heures de la révolte des canuts
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| Thème : La Révolte des Canuts LES ROMANS
groupés par Balzac dans sa “Comédie humaine” décrivent excellemment la société française des années 1820-1835. Une brève étude de ce temps peut, en partie, expliquer les mouvements sociaux du début du règne de Louis-Philippe 1er dont le plus grave fut la grande révolte des canuts lyonnais. 
LE TERRITOIRE
En juillet 1830, lorsque le duc d'Orléans remplace sur le trône son cousin Charles X, les frotières de l'hexagone, Corse comprise, sont à peu de choses près celles de 2003. Ne manquent que la Savoie et le Comté de Nice. A l'extérieur, la France a récupéré ses vieilles colonies (les actuels départements d'outre-mer Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, les îlots de Saint-Pierre et Miquelon, les cinq comptoirs de l'Inde et en Afrique Noire ceux de Gorée et de Saint-Louis du Sénégal). L'Algérie, sous contrôle français, se limite encore à Alger et à ses proches environs (Mitidja). 
POPULATION
Le recensement de 1831 indique 32,6 millions d’habitants pour la Métropole. Très peu de grandes villes: loin derrière la capitale (800.000), viennent Lyon et Marseille (115000). Bordeaux, Rouen, Nantes, Lille, Strasbourg et Toulouse, dans cet ordre décroissant, s’échelonnent entre 90.000 et 50.000.
Cette population est jeune: les deux tiers des Français ont moins de 40 ans. Les ruraux, habitant des communes de 2.000 habitants au plus dans le chef-lieu, représentent 70% de la population globale. Les étrangers, eux, n’atteignent pas 1% du total et la moitié d’entre eux réside à Paris ou dans le département de la Seine.

SITUATION POLITIQUE
La monarchie de droit divin, restaurée avec les frères de Louis XVI, a sombré lors des « Trois Gloneuses » (27, 28, 29juillet 1830). Le chef de la branche cadette des Bourbon, le duc d’Orléans, est monté sur le trône sous le nom de Louis-Philippe 1er. Héritier d’une longue tradition d’opposition de sa Maison à la branche aînée, il est le roi des Français par la volonté nationale... et les intrigues de la haute bourgeoisie d’affaires. Le vieux Lafayette a servi de « chandelier ».
Mais tout de suite se révèle une contradiction: faite par les bonapartistes et les républicains, la révolution de 1830 a été accaparée par les orléanistes. Faite par les classes laborieuses et les intellectuels, elle a été confisquée par les hommes d’affaires. Les Thiers, Guizot, Lafitte, Lafayette et autres bénéficiaires du changement de dynastie, n’ont pas fait adopter une nouvelle constitution mais se sont contentés d’imposer au roi un replâtrage de la Charte naguère octroyée par Louis XVIII.
La monarchie reste une démocratie représentative.., mais étroitement censitaire. Seuls appartiennent au pays légal ceux qui «ont de quoi » et le montrent par le montant de leurs impôts directs: pour être électeur, il faut désormais payer 100 francs d’impôts au lieu de 500. Le corps électoral passe ainsi de 90.000 à 165.000 individus. Pour être candidat député, il faut être imposé de 300 francs au lieu de 1.000. La fonction est d’ailleurs gratuite car il n’y a pas d’indemnité parlementaire. | |